SIR RICHARD WALLACE

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Bienfaiteur à Levallois

Cette année 2018 célèbre le bicentenaire de la naissance de Sir Richard Wallace, fondateur de l’hôpital dit anglais . Son nom est entré dans la postérité grâce à sa célèbre collection d’oeuvres d’art et aux fontaines éponymes à Paris. Pour autant, Sir Richard Wallace a beaucoup oeuvré à Levallois.

Richard Jackson est né à Londres le 26 juillet 1818, fils de Mrs Agnès Jackson, dont Wallace était le nom de jeune fille. Il n’a que 6 ans lorsque sa mère l’emmène à Paris et le laisse chez Lord Yarmouth, futur 4ème marquis de Hertford.
En 1842, Richard Jackson décide de prendre le nom de jeune fille de sa mèreet devient Richard Wallace. L’année suivante, Lord Hertford fait de lui son secrétaire. En août 1870, le marquis de Hertford décède à Paris. Dans son testament, il désigne Richard Wallace comme son seul et unique héritier.
À l’âge de 52 ans, Richard Wallace est donc un homme immensément riche, possédant des oeuvres d’art, des immeubles parisiens et un domaine en Irlande du Nord (Ulster). Le 17 février 1873, sir Richard Wallace entre au Parlement anglais pour représenter le district de Lisburn, en Ulster. Il siègera jusqu’en 1885. Après la mort de son fils à Paris en 1887, il retourne en France et se retirera en son château de Bagatelle, sa propriété de Neuilly-sur- Seine. Il décède le 20 juillet 1890. Il laisse l’image d’un généreux mécène, d’un collectionneur avisé et d’un esthète.
Respecté et admiré de tous, Sir Wallace est toujours resté discret, fuyant la publicité et la presse mais, néanmoins, le cortège funèbre de ce bienveillant gentleman fut salué par une foule de Parisiens qui l’accompagna jusqu’à sa tombe, au cimetière du Père-Lachaise.
Sa collection, léguée en 1897 au gouvernement britannique par Lady Wallace, sa veuve, est aujourd’hui réunie à la Herford House, devenue musée national, à Manchester square, à Londres. Elle contient des sculptures, des porcelaines, du mobilier ainsi que de nombreuses toiles de grands maîtres comme Fragonard, Le Titien, Rembrandt, Van Dyck, Vélasquez ou Watteau.

LE HERTFORD BRITISH HOSPITAL
Lors de la guerre de 1870-1871 entre la France et la Prusse, Richard Wallace reste volontairement à Paris, cette ville qu’il affectionne tant. Son fils est officier dans l’armée française.
Durant le siège et les bombardements de la capitale, il y a un grand nombre de blessés et les secours sont quasi inexistants. Richard Wallace finance une ambulance militaire et civile. Il distribue également des aides financières en faveur des Parisiens, affamés, si bien qu’il est surnommé La Providence du Pauvre ou Le Bienfaiteur de Paris.
Après la guerre, Richard Wallace décide de poursuivre son mécénat en créant un hôpital permanent et gratuit destiné à soigner les ressortissants britanniques pauvres résidant à Paris et dans la banlieue. Il fonde une oeuvre, le 02 octobre 1871, lui donnant le nom de celui auquel il doit tout, le marquis de Hertford. Richard Wallace recherche un vaste terrain pour pouvoir doter le futur hôpital de jardins. Il finit par le trouver dans la toute jeune commune de Levallois, rue de Villiers.

UNE ARCHITECTURE NÉO-GOTHIQUE
Richard Wallace choisit l’architecte Paul-Ernest Sanson pour dresser les plans. Il dessine un bâtiment de style néogothique, à la façade en briques et pierres de taille, avec une toiture percée de lucarnes et recouvertes d’ardoises.
Pour ce travail, Paul-Ernest Sanson reçoit, en 1884, la grande médaille d’argent de la Société Centrale des Architectes dans la catégorie architecture privée .
La première pierre est posée par Sir Richard et Lady Wallace le 27 août 1877. L’inauguration a lieu en avril 1879 sous la présidence de Lord Lyons, ambassadeur de Grande-Bretagne en France.
L’hôpital dispose de 40 lits. Il est administré par un comité de cinq membres. Sir Richard Wallace pourvoie à son financement sur sa fortune personnelle.

D’HIER À AUJOURD’HUI
À son décès, Lady Wallace fait don du bâtiment à la Couronne royale britannique ainsi que d’une dotation suffisante pour assurer l’avenir de l’institution. La famille royale sera toujours très attentive à son devenir et le Maire de Levallois, Patrick Balkany, aura l’honneur d’y recevoir la Reine Mère.
La Hertford British Hôpital corporation a évolué au fil du temps. L’hôpital est entré dans le système de soins français en 1978 avec le concours de Simone Veil, alors ministre de la Santé, tout en maintenant sa tradition de nursing  à l’anglaise. En 1982, les instances britanniques souhaitent développer un projet de construction de bâtiments plus modernes et mieux adaptés à la médecine moderne sur les terrains attenant au bâtiment d’origine, surnommé La Cathédrale , dont ils envisagent même la démolition.
Le Maire, Patrick Balkany, intervient pour sauvegarder ce patrimoine. La façade et les toitures sont classées et protégées au titre des Monuments Historiques par un arrêté  du Ministère de la Culture le 09 juin 1987.En 2008, les activités médicales du Hertford British Hospital ont fusionné avec celles de l’Hôpital Notre-Dame du Perpétuel Secours, l’ensemble prenant désormais la dénomination de Institut hospitalier Franco-Britannique. L’ensemble du terrain et des bâtiments est toujours la propriété de la Couronne britannique.
Outre les constructions médicales modernes, La Cathédrale,  le bâtiment historique du Hertford British Hôpital, est occupé, en 2010, par la société Smile, spécialisée dans l’intégration des solutions open source. En 2014, la société Zalthabar s’y installe et transforme l’intérieur en salles de réunions disponibles à la location..

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A propos de l'auteur

La Rédaction d'Info Levallois exerce au sein de la Direction de la Communication de la Ville de Levallois. Toute l'équipe a un seul objectif, vous informer tout au long de l'année de l'actualité levalloisienne, et ce, dans tous les domaines.

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