Randonnée nordique

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LA GUERRE D’HIVER
Philip Teir – Éditions Albin Michel (2015)
Qu’est devenu le célèbre Max Paul, sociologue et professeur à l’Université de Heslsingfor, invité des plateaux de télévision, consacré en 1993 comme le plus jeune intellectuel de l’année, lui demande la jeune et jolie journaliste Laura…
C’est bien ce que Max Paul se demande tout au long de ce roman.
Cette question est aussi la clé de voûte de tous les personnages, parvenus à ces étapes de l’existence où chacun s’interroge sur ses idéaux, ses choix et ses actes.
Sous l’agréable chronique hivernale d’un couple parvenu à maturité, perce l’Histoire, la guerre éclair de 1940 qui a marqué durablement la Finlande, et qui fait dire à Max Paul que “ la guerre nous a tellement marqués qu’on continue à s’y référer quand on cherche des réponses à ses problèmes”. Le roman met en parallèle l’histoire d’un pays qui, de par sa position géographique, a été à la merci de conflits d’intérêts et d’envahisseurs successifs et l’évolution d’un couple dans le temps, avec ses luttes de pouvoir, ses tensions et ses périodes de paix.
Un roman très actuel, miroir d’une société et reflet d’une crise de vie.

LA PRINCESSE DES GLACES
Scénario Olivier Bocquet, dessin Léonie Bischoff, d’après le roman de Camilla Lackberg – Éditions Casterman
Camilla Lackberg, romancière suédoise, est l’auteur d’une série de romans policiers mettant en scène les personnages d’Erica Falck (écrivain) et de son compagnon Patrik Hedström (commissaire).
L’intrigue se situe principalement à Fjällbacka, une petite ville de Suède qui à l’origine, était un port de pêche. Le premier tome de la série, La princesse des glaces, a connu un large succès, aussi, c’était sans doute un pari risqué que de vouloir l’adapter en bande dessinée. Mais Olivier Bocquet et Léonie Bischoff ont bien fait de tenter l’expérience. Nous nous plongeons donc dans une enquête policière ouverte après la découverte du corps d’Alexandra, une belle jeune femme mariée qui, en apparence, avait tout pour être heureuse. C’est Erica, son amie d’enfance, qui a découvert le corps et qui nous entraîne dans cette sordide histoire. Tous les ingrédients du bon polar sont là, le scénario est parfaitement synthétisé et les illustrations sont somptueuses ; des couleurs chaudes pour représenter les scènes du passé et des teintes glacées qui nous plongent inéluctablement dans la froideur du récit présent. Une atmosphère bien particulière, propre aux romans noirs scandinaves. Le tout est efficace et très plaisant !
LA PEINTURE NORDIQUE
Katharina Alsen et Annika Landmann Éditions Citadelles et Mazenod (2016)
Consacré à l’art des pays du Nord, ce livre de grand format explore principalement la peinture de la fin du XIXe siècle à nos jours dans un vaste territoire qui s’étend de la Suède, la Norvège, la Finlande, le Danemark et l’Islande jusqu’au Groenland et aux îles Féroé. Dressant le panorama d’un siècle et demi de production artistique scandinave, il montre la diversité et le foisonnement de l’art du Nord de l’Europe : tous les courants européens s’y trouvent représentés et réinterprétés, démontrant s’il en est besoin la porosité des frontières artistiques et les multiples échanges, apports, emprunts et réinterprétations d’un foyer artistique à un autre. En parallèle, l’ouvrage souligne les particularités de cette peinture venue du froid, où grands espaces, nature mise en scène, intérieurs intimistes, chromatismes sombres et rudesse de la matière côtoient de grands aplats de couleur intense, de lumière chatoyante, des abstractions colorées et des innovations stylistiques. Ainsi, au fil des pages, on flânera au milieu de paysages aux tons mélancoliques, de couleurs chatoyantes à la Matisse, de compositions dynamiques empruntant au futurisme et de villes industrieuses rappelant une œuvre de Fernand Léger. Classé par grandes thématiques aux titres quelque peu affectés, l’ouvrage remonte le temps artistique, insistant sur les spécificités du langage pictural nordique. Le voyage se termine de nos jours, avec quelques artistes contemporains dont l’œuvre semble l’aboutissement de plusieurs siècles de recherche artistique formelle, sensible et sans frontières !.

BÉLIERS
Film de Grimur Hakonarson (2015)
Gummi et Kiddi, deux vieux célibataires taciturnes, élèvent dans une vallée reculée d’Islande, comme leur père et leur grand-père avant eux, une lignée de moutons exceptionnellement robustes, résistant à ces régions magnifiques mais hostiles. Une brouille, vieille de 40 ans, sépare les deux frères, jusqu‘au jour où une épidémie de tremblante menace tous les troupeaux de la vallée… Dans ce deuxième film, Grimur Hakonarson, jeune réalisateur islandais, filme plein cadre ces étendues qu’il connait si bien, cette immensité de paysages grandioses de glace et vent, dans la pénombre hivernale. Et, grâce à chacun de ces plans indispensables, il construit une fable naturaliste autour de ces deux frères ennemis et de la relation inattendue, affective et émotionnelle qu’ils entretiennent avec leur troupeau. Le film a reçu le prix Un certain regard au Festival de Cannes en 2015.

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A propos de l'auteur

La Rédaction d'Info Levallois exerce au sein de la Direction de la Communication de la Ville de Levallois. Toute l'équipe a un seul objectif, vous informer tout au long de l'année de l'actualité levalloisienne, et ce, dans tous les domaines.

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