Nicolas-Eugène Levallois (6/10/1816 – 15/09/1879)

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L’homme qui a inventé sa ville

nicolas-levallois-nb001Cette année marque les 200 ans de la naissance de Nicolas-Eugène Levallois, fondateur de notre ville. Une personnalité d’exception sur laquelle revient Info Levallois.

Par la Direction des Archives municipales

Nicolas-Eugène Levallois naît le 6 octobre 1816 à Paris, faubourg Saint-Honoré. Son père est menuisier, sa mère couturière. Orphelin à 13 ans, il entre en apprentissage chez son oncle, menuisier. De ce métier, il gardera un réseau d’anciens camarades qu’il entraînera plus tard avec lui dans la construction du village qu’il inventera. Doté d’un sens inné des affaires et du contact, il devient marchand de vins à Paris en 1841. Dans son débit de boissons, il retrouve ses anciens compagnons et agrandit son réseau de relations. Cette même année, il épouse le 22 juin Marie-Justine Cabourg. De cette union naît l’année suivante un fils, Philippe.
Au mariage de Poccard, menuisier comme lui, Nicolas-Eugène Levallois retrouve un ancien camarade, Fazillau. Celui-ci a acquis une parcelle à la Vigne-aux-Prêtres, de l’autre côté des fortifications, à Étienne Noël, fils de l’ancien notaire de Napoléon Ier.

PARCELLES À SAISIR
Ce dernier a hérité d’une propriété représentant plus de la moitié du plan-1853territoire de la commune actuelle. Pour l’heure, Étienne Noël vend au fur et à mesure des parcelles de sa propriété, lui assurant ainsi un placement rentable à long terme.
Fazillau invite son ami Levallois à visiter l’endroit et à l’imiter. Nicolas-Eugène se rend vite compte de l’occasion qui s’offre à lui. Il acquiert donc une parcelle à l’angle des anciens chemins de Courcelles (rue du Président Wilson) et du Bois (rue Jean-Jaurès).

INTELLIGENT ET VISIONNAIRE
carte-des-chasses002Très vite, Étienne Noël, convaincu de l’efficacité et de l’intelligence de Nicolas-Eugène Levallois, décide, en 1845, de lui confier le lotissement et la vente de ses propres terrains. Il découpe les parcelles à vendre en petits lots afin de ne pas reproduire l’une des raisons de l’échec précédent de Jean-Jacques Perret, qui avait tenté de vendre des terrains trop chers.
Avec le géomètre Rivet, Nicolas- Eugène trace les rues et places du village. De cette esquisse, Levallois a gardé sa trame particulière, faite de rues perpendiculaires traversant l’ensemble de son territoire.
Les premiers clients sont d’anciens camarades menuisiers et des proches.

NAISSANCE DU VILLAGE
La vente des parcelles se réalise le long des deux chemins à partir de celle bureau-levallois001qu’il a acquise. Un “village” est né. Moins d’un an après son arrivée, Nicolas-Eugène Levallois obtient la reconnaissance officielle de l’existence du Village Levallois par le Conseil municipal de Clichy dont il dépend administrativement. Nicolas-Eugène Levallois s’active aussitôt à obtenir auprès des nouveaux acquéreurs l’ouverture et le pavage des rues ainsi que les équipements de base du village. Ce dynamisme prend de court la commune de Clichy qui sent déjà lui échapper cette nouvelle agglomération.
Mais, à coup de souscriptions, de pétitions ou même de loteries, Nicolas-Eugène Levallois réussit à développer son village d’artisans. Mais ce système trouve ses limites. Levallois poursuit le lotissement des terrains d’autres propriétaires fonciers et planifie la future ville. Pourtant, devant l’accroissement rapide de la population, les nouveaux habitants veulent leur propre indépendance. Ils signent plusieurs pétitions en ce sens.
Le 30 juin 1866, Napoléon III promulgue la loi de création de la commune de Levallois-Perret, résultant de la réunion d’une partie des territoires des deux villes voisines, Neuilly et Clichy. Cette création est effective au 1er janvier 1867.
C’est la consécration pour Nicolas-Eugène Levallois. Mais, comme souvent, cette réussite suscite polémique et jalousie.

RÔLE MINEUR
Après 1867, l’homme qui a réussi à faire reconnaître l’existence de sa commune et à lui faire attribuer son propre nom, n’y joue plus qu’un rôle mineur.
Ancien membre du Conseil municipal de Clichy depuis 1850, il ne participe pas au nouveau Conseil municipal. Et toutes ses propositions sont désormais écartées. Pire, le 27 octobre 1870, le Conseil municipal émet le voeu d’abandonner le nom de Levallois et d’adopter celui de Courcelles, une décision heureusement jamais mise en oeuvre.
L’épouse de Nicolas-Eugène, Marie-Justine Cabourg, meurt le 24 juillet 1879 cim-00à l’âge de 57 ans à son domicile, 85, rue Gide. Nicolas-Eugène Levallois décède à son tour quelques mois plus tard, le 15 septembre. Il est inhumé au cimetière municipal. Sa tombe, entretenue par la Municipalité, porte comme épitaphe “Sa mémoire est dans son oeuvre”.

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A propos de l'auteur

La Rédaction d'Info Levallois exerce au sein de la Direction de la Communication de la Ville de Levallois. Toute l'équipe a un seul objectif, vous informer tout au long de l'année de l'actualité levalloisienne, et ce, dans tous les domaines.

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