Maurice Ravel (1875-1937)

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Le départ d’un génie

Le compositeur Maurice Ravel disparaît le 28 décembre 1937 et est enterré à Levallois. Info Levallois revient, dans le cadre des 80 ans de sa mort, sur les liens qui unissent Levallois au célèbre compositeur du Boléro qui, aujourd’hui encore, est l’un des thèmes musicaux les plus joués dans le monde.

En 1921, le compositeur avait acquis une maison, baptisée Le Belvédère à Montfort l’Amaury, dans les Yvelines, mais il venait régulièrement résider à Levallois chez son frère Édouard.
Édouard lui prête en effet un petit appartement dans son immeuble du 16 bis rue Chevalier (Louis-Rouquier). En 1930, ce pied-à-terre levalloisien est aménagé, décoré et meublé par le sculpteur, son ami Maurice Leyritz, dans le style Art déco. Maurice Ravel aime y recevoir ses amis, notamment le musicien Maurice Delage et la pianiste de renommée internationale Marguerite Long. Quand son état de santé commencera à se dégrader, Maurice Ravel ne quittera plus Levallois.

LE DÉCÈS
Maurice Ravel, né à Ciboure (Pyrénées-Atlantiques) le 7 mars 1875, décède le mardi 28 décembre 1937, vers 3 heures 30 du matin, dans une clinique de la rue Boileau, à Paris. Il n’avait que 62 ans.
Quelques jours plus tôt, le 19 décembre, le docteur Clovis Vincent, spécialiste des pathologies neurologiques, avait tenté une opération de la dernière chance, car Maurice Ravel, ce génie, était atteint depuis 1933 de troubles de coordination des mouvements. Bien que son intelligence soit intacte, il disait lui-même être dans le brouillard.
Après l’opération, Maurice Ravel reprend brièvement connaissance, mais sombre dans le coma pour ne plus se réveiller et décéder sans souffrir. Maurice Ravel meurt célibataire, sans enfant. “Ma seule maîtresse est la musique” disait t-il souvent. Sans héritier en ligne directe donc, c’est son frère aîné, Édouard Ravel, qui devient le légataire de tous ses biens et, surtout, de ses droits d’auteur.
Après la mort de son frère, Édouard conservera l’appartement levalloisien en l’état et fera don de la maison de Montfort l’Amaury à la Fondation Maurice-Ravel, destinée à préserver les biens de l’auteur du Boléro. Mais, un incroyable imbroglio autour de l’héritage perçu par Édouard Ravel a finalement dispersé l’immense majorité des biens et des documents du compositeur à travers le monde.
Le 1er mai 2016, le Boléro est tombé dans le domaine public. Dès l’annonce du décès de Maurice Ravel, la presse française lui rend un hommage unanime et le qualifie de “plus grand musicien contemporain”.
Les journalistes retracent sa brillante carrière et détaillent son œuvre immense dont le succès international est déjà largement établi. Les qualités humaines de Maurice Ravel et sa simplicité dans ses rapports avec les autres sont également évoquées. Tout comme son refus de se voir décerner la Légion d’Honneur ou d’entrer à l’Institut.
Les messages de condoléances arrivent du monde entier. Des concerts sont donnés en sa mémoire partout dans le monde.

L’INHUMATION
Les obsèques du compositeur ont lieu dès le jeudi 30 décembre à midi au cimetière de Levallois. La matinée est froide mais claire. La levée du corps a lieu dans l’appartement levalloisien où se forme le cortège. Outre la perte de son frère, Édouard doit faire face à la grève des agents des Pompes funèbres, forçant les autorités à intervenir pour que l’inhumation ait lieu.
La famille Ravel dispose depuis 1916 d’une concession au cimetière de Levallois et Maurice reposera donc aux côtés de son père et de sa mère. Le gouvernement de la République française est représenté par Jean Zay, Ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts. Il prononce un discours élogieux.
Les obsèques sont célébrées sans pompe ni apparat, à l’image du compositeur, mais ses fidèles amis, musiciens et artistes, sont présents, comme Igor Stravinsky.

LE SOUVENIR
Un an plus tard, seul un petit groupe est réuni autour d’Édouard Ravel au cimetière municipal. Ses amis viennent célébrer et honorer la mémoire de Maurice Ravel, sans délégation officielle. Parmi les présents, Ida Rubinstein, la célèbre danseuse pour laquelle Maurice Ravel avait composé le fameux Boléro.
Aujourd’hui, la mémoire de Maurice Ravel est plus que jamais vivace à Levallois. Une rue, un groupe scolaire et, bien évidemment, le Conservatoire municipal portent son nom. Le Conservatoire arbore d’ailleurs, sur sa façade latérale côté rue Aristide-Briand, quelques notes de la partition de Boléro.

 

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A propos de l'auteur

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