Le Trotting Club

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 Buffalo Bill à Levallois !

À l’occasion du centenaire de la mort de Buffalo Bill, le 10 janvier dernier, Info Levallois revient sur une énigme autour d’un évènement étonnant et un lieu aujourd’hui disparu de Levallois, le Trotting Club de Paris, un magnifique hippodrome.
Par la Direction des Archives municipales

En cette année 1889, l’événement majeur au niveau international est l’Exposition Universelle consacrant le centenaire de la Révolution
française et l’inauguration de la tour de Gustave Eiffel, construite dans ses ateliers de Levallois. Mais, sur le territoire de la commune, un important équipement voit le jour : le Trotting Club de Paris, appelé également l’hippodrome de Neuilly-Levallois. Comme son nom l’indique, il se situe à Levallois, en bordure de Seine, à proximité de Neuilly.
Derrière cette construction, inaugurée le 22 juin 1889, se trouve la société du Trotting Club de Paris, fondée en mars de cette même année. Cette société d’encouragement a pour but de favoriser l’élevage et de développer le demi-sang trotteur. L’enjeu est clair : rivaliser avec les plus fameux hippodromes d’Amérique, de Russie, d’Allemagne, d’Italie et d’Autriche.

CODY DIT BUFFALO BILL

L’Exposition Universelle à Paris attire évidemment de célèbres compagnies de spectacles à venir se produire.
C’est le cas pour le Wild West Show dans lequel se produisent Annie Oakley et le colonel William Frederick Cody (WF Cody), plus connu sous le surnom de Buffalo Bill. À cette époque, l’épopée de la conquête de l’Ouest est à la mode.
Les Indiens peaux rouges, sont un élément clef du spectacle. Leur campement est installé le long de la route de la Révolte, entre Neuilly et Paris. Par la suite, sur cet emplacement, un vélodrome est construit que l’on baptise Vélodrome de Buffalo. C’est un énorme succès pour les représentations de cette compagnie. Les spectacles se jouent à guichets fermés.

L’ENGOUEMENT
POUR L’OUEST AMÉRICAIN
Des années plus tard, un certain Samuel Franklin Cody dit SF Cody, lui aussi show-man, va jouer sur cette homonomie pour développer ses propres spectacles.
Bien qu’il veille à ne pas utiliser le nom de Buffalo Bill, l’amalgame ne sera pas évité dans la mémoire collective.
En 1893, un défi rocambolesque est lancé sur les terrains de l’hippodrome Neuilly-Levallois . Durant trois jours, du vendredi 27 au dimanche 29 octobre, un cavalier et un cycliste se livrent un duel à raison de quatre heures de course par jour. Le vainqueur sera celui qui aura parcouru le plus grand nombre de kilomètres.
L’enjeu de la course est une récompense de 10 000 francs.
Dans une époque où les progrès techniques et technologiques sont tels, le défi semble invraisemblable. La presse de l’époque établit un parallèle avec la lutte d’une locomotive conte un pigeon voyageur.

ROI DES COW-BOYS

Le cycliste n’est autre que le champion Carl Wilhem dit Charles Meyer. Ce Danois né, en mars 1868 à Flensborg, est le vainqueur de la grande course Paris-Trouville.
Face à lui, se présente Samuel Franklin Cody surnommé le roi des Cow-Boys du Wild West. Au bout de trois jours, SF Cody a parcouru la distance de 349 km et 375 mètres. Le kilométrage de Meyer est de 332 Km et 500 mètres. Soit une différence de 16 km.
Le cycliste a perdu face au cheval. C’est la stupéfaction parmi la foule. L’explication de cette défaite est relativement simple .
le cycliste pouvait changer de machine, le cavalier disposant de dix chevaux qu’il montait à son gré.

PIONNIER DE L’AVIATION

SF Cody, héros des temps modernes, donne l’accolade à son adversaire. La foule complétement emballée, applaudit et pendant cinq minutes ce sont des bravos, des cris de “Vive Meyer !” se mêlant à ceux de “Hurrah Cody !”. Cet épisode unique est relaté dans le roman d’Erik Orsenna, L’Exposition Coloniale publié en 1988.
Étonnamment, Cody se reconvertira dans un tout autre sport, l’aviation.
Il devient l’un des pionniers de l’aviation américaine. Il ébauche même les plans de ses propres avions. Il décèdera en août 1913 dans le crash de son propre avion, le Cody VI.
Quant au champ de course, il est transféré à Colombes en 1901. Les terrains qu’il occupait sont divisés en lots. En 1900, un certain Ernest-Cognacq achète 8 hectares avec son épouse Marie-Louise Jay. Un lotissement sera construit entre 1902 et 1913 pour loger une partie des employés de la Samaritaine, propriété du couple.
L’ensemble immobilier de la Fondation Cognacq-Jay est toujours existant.

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A propos de l'auteur

La Rédaction d'Info Levallois exerce au sein de la Direction de la Communication de la Ville de Levallois. Toute l'équipe a un seul objectif, vous informer tout au long de l'année de l'actualité levalloisienne, et ce, dans tous les domaines.

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