Kari El Hayani (LSC Boxe Anglaise)

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El Hayani, vies d’artiste !

Ancien boxeur professionnel et coach au LSC Boxe Anglaise, Karim El Hayani s’est également illustré dans un tout autre registre.
Le mois dernier, le Levalloisien était à l’affiche de Nous nous marierons. Un film de Dan Uzan dans lequel il tient le premier rôle. Du noble art au 7ème art, portrait d’un talent à l’état pur !
Par Maxime Douté

Premier et unique combat professionnel de Karim El Hayani contre Grégory Trenel, qui aura également servi au tournage du film.

Dans sa conception même, la boxe revêt une dimension dramatique sans égale. Une scène, deux personnages, un combat épique et une issue aussi incertaine que tragique pour l’un des protagonistes. Dans ce contexte, qui n’a rien à envier aux actes les plus classiques des grandes œuvres théâtrales, le noble art prend toute sa signification et la trajectoire de Karim El Hayani, tout son sens.
Originaire de Gennevilliers, Karim, à 9 ans, rêve déjà de boxer, mais son père trouve le sport trop violent et l’inscrit au Taekwondo. Arrivé au collège, le médiateur décide de l’initier à la boxe française. “Je n’ai pas accroché, précise Karim, alors je me suis mis à la boxe thaïlandaise de 14 à 17 ans. Je faisais de la compétition. J’ai débuté l’anglaise en parallèle à 16 ans pour ensuite m’y consacrer totalement”.
Au bout d’un an, il est finaliste du Critérium des Espoirs avec le Gennevilliers Boxing Club. Impérial avec ses poings, El Hayani travaille aussi avec sa tête en préparant sa reconversion durant sa carrière. “J’ai passé tous mes diplômes pour devenir coach de boxe anglaise”.
Quand il arrive à Levallois en 2007, il est à la fois boxeur et entraîneur. Sur le plan sportif, il atteint la demi-finale du championnat de France amateur. On lui propose alors de participer à un stage de détection pour entrer à l’INSEP, en équipe de France. Karim refusera, car le 9 avril 2010, il livre son premier combat professionnel sous les couleurs du LSC, lors du Challenge Marcel-Cerdan, à Levallois. Un combat qu’il gagnera aux points contre Grégory Trenel. Légèrement
blessé avant, durant et après le combat, il lui sera finalement diagnostiqué une rupture totale du ligament luno-pyramidal au poignet droit. Bilan, opération et fin d’une carrière qui s’annonçait prometteuse.

NOUVELLE VIE, NOUVEL ART !

Loin de s’appesantir sur son sort, Karim El Hayani préfère se consacrer aux enfants de la boxe éducative du LSC et aux athlètes de haut niveau du club. En parallèle, des projets d’un tout autre plan émergent. Des velléités artistiques qui trouvent leurs origines dans sa jeunesse. “À 11 ans, je faisais du théâtre. Un jour, on me convoque chez le proviseur. Je me demande si c’est encore à cause de mes bêtises (rires). Dans son bureau, je me retrouve avec des agents qui me disent ‘tu vas jouer dans Le plus beau métier du monde avec Gérard Depardieu’. C’est bizarre, mais j’étais jeune, alors j’y ai vu un peu de vice (sic). Ils me demandent un numéro de téléphone. À l’époque, à la maison, on n’en avait pas. C’était un peu compliqué pour nous joindre. D’un autre côté, pour moi, c’était mieux, car l’école ne pouvait pas prendre contact avec mes parents. Et comme c’est moi qui ramassais le courrier… (rires). Du coup, je n’ai pas suivi l’affaire et n’ai jamais tourné avec Depardieu”.
Quelques années plus tard, c’est son grand frère, comédien, qui emmène Karim sur le casting d’une fiction de Canal Plus L’invraisemblable affaire du RER D. Le réalisateur le rappelle dans la foulée pour lui faire signer un contrat. Au début des années 2000, Karim El Hayani sera aussi figurant dans Fais moi des vacances de Didier Bivel.

PREMIER RÔLE !
En 2007, un certain Dan Uzan, jeune réalisateur, passe le pas de la salle de boxe du Gymnase Auguste-Delaune de Levallois pour s’inscrire. “Nous avons sympathisé, explique Karim. On l’a coaché jusqu’à son premier combat amateur en 2009. Il a ensuite décidé de faire un documentaire sur moi, sur mon passage chez les professionnels. Il a filmé mon combat contre Trenel.
Après l’histoire de ma blessure, son idée s’est précisée”. “Karim, on va faire un film !”. S’il doit composer avec quelques difficultés budgétaires, Dan Uzan boucle finalement son long-métrage qui sort dans les salles le 8 février 2017. Dans Nous nous marierons, film tourné à Levallois, Karim tient le premier rôle, celui d’un boxeur, qui voit sa carrière basculer à cause d’une blessure. Malgré l’interdiction des médecins, il n’est pas question pour lui d’abandonner sa passion. Mais, il a bien d’autres défis à relever. Il doit rassembler l’argent pour payer le mariage avec la belle Faten, qui lui demande aussi d’arrêter la boxe et de trouver un vrai travail. En attendant de voir leur union se concrétiser, Karim doit se faire accepter par la famille de sa future femme. Diffusé partout en France, le film a été très bien accueilli par les critiques.
Karim El Hayani a adoré l’expérience et se dit, avec un grand sourire, ouvert à “tout rôle qui ne porterait ni atteinte à sa pudeur, ni à son éthique”. Mais, il garde surtout la tête sur les épaules comme en témoigne cette anecdote le jour de l’avant-première où des réalisateurs lui conseillent de se tenir prêt à ce qu’on l’appelle pour de futurs rôles. Pressé, le jeune homme de 33 ans se pourfendra d’un “Merci, par contre je dois partir vite, car je dois emmener un boxeur du LSC à Pau pour son combat”.
Les pieds sur terre, bien ancrés dans le réel, l’acteur El Hayani s’applique néanmoins à toujours laisser vivre ses rêves. D’autant qu’il est bien placé pour savoir que la réalité dépasse souvent la fiction…

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A propos de l'auteur

La Rédaction d'Info Levallois exerce au sein de la Direction de la Communication de la Ville de Levallois. Toute l'équipe a un seul objectif, vous informer tout au long de l'année de l'actualité levalloisienne, et ce, dans tous les domaines.

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