Interview Youssef Barit

0

Boxe avec les mots !

Depuis 2005, Youssef Barit est l’homme de coin qui parle aux oreilles des boxeurs du LSC. À 41 ans, il est également éducateur territorial des activités physiques et sportives de l’école Jean-de-La-Fontaine. Levalloisien depuis l’enfance, il est passé du karaté, au tennis en passant par le basket.
À 20 ans, il jette finalement son dévolu sur la boxe, d’abord en tant qu’athlète, puis en qualité de coach des boxeurs de haut niveau de la section. Il se livre à cœur ouvert pour Info Levallois.

Propos recueillis par Maxime Douté

Youssef, ta première pensée le matin ?
Mes enfants. J’ai une fille, Dana, qui a 10 mois et deux garçons, Malik, 12 ans et Kaïs, 7 ans.

Ta dernière avant de dormir ?
Je me demande ce que j’ai appris de cette journée pour mieux préparer la suivante.

Qu’est-ce qui te rend de bonne humeur ?
La politesse.

Et de mauvaise humeur ?
Les mauvaises notes ou une mauvaise attitude des enfants à l’école.

Ta principale qualité ?
La patience. J’ai aussi une grande envie de progresser, d’évoluer, une soif de connaissances.

Ton plus grand défaut ?
L’impulsivité. Cela peut paraître contradictoire avec la patience. Mais, pas tant que cela. Je suis très patient, mais quand j’arrive à la limite…

Le plus difficile dans le coaching, c’est…
La fixation d’objectifs entre un athlète et le staff. Il faut avoir les mêmes pour réussir. Il ne faut ni sous-estimer, ni surestimer le potentiel du boxeur.

Le plus facile dans le coaching, c’est…
La motivation, la mienne !

Comment définirais-tu ton coaching en trois mots ?
Détermination, performance et proximité.

Ta relation avec les athlètes en trois mots ?
Directif, coopératif et amitié. Il faut être amis, car le sport est dur.

Le plus dur, ce sont les coups ou le coin?
Même si je souffre d’une autre façon, le plus dur, ça reste pour les boxeurs. Mon boulot, c’est de leur dire comment prendre beaucoup moins de coups qu’ils en donnent.

As-tu des modèles de coachs ?
Tous les véritables formateurs.

Derniers mots avant un combat ?
Ils varient selon les boxeurs. Alors le dernier mot est pour moi. Je me dis “ça va passer » ou « on va y arriver ».

Le boxeur du LSC le plus impressionnant ?
Souly Mbaye.

Et en France ?
La confiance d’un Hassan N’Dam est impressionnante. Au même titre que la détermination d’un Rachid Jkitou ! Franck Petitjean est un bourreau de travail, Johann Fauveau et Karim Merroudj sont aussi très intéressants à coacher.

Ton meilleur et pire souvenir de coach ?
Les meilleurs, les titres de champion de France en général. Car, tout part de là. Il y a aussi la qualification d’Hassan N’Dam pour les JO de Rio. Sinon pas réellement de pire souvenir, car même dans les moins bons, on apprend toujours quelque chose.

Plus grand boxeur de tous les temps ?
Ça se joue entre Ali et Tyson, pour leurs parcours de vie. Car, au final,
il y a une constante, la réussite en boxe va souvent de pair avec un chemin
de vie atypique.

Et aujourd’hui ?
J’aime beaucoup Gennady Golovkin.

Ton rêve ultime ?
Intégrer un staff national, la France ou le Maroc.

Ce que tu détestes le plus, le jet de l’éponge dans la cuisine ou durant un combat ?
La cuisine sans hésiter (rires).

Plus sérieusement, le plus dur, dans le coin, c’est de voir son boxeur aller au tapis ou être obligé de jeter l’éponge alors qu’il est encore debout ?
Je préserve toujours mes boxeurs. C’est la première fonction d’un entraîneur. Donc, je n’attendrai jamais l’ultime limite pour jeter l’éponge. Dans les deux cas, le plus difficile, ce n’est pas le moment même, mais la gestion de l’après, le questionnement dans le vestiaire ou si, malheureusement, vous devez aller à l’hôpital.

Partager.

A propos de l'auteur

La Rédaction d'Info Levallois exerce au sein de la Direction de la Communication de la Ville de Levallois. Toute l'équipe a un seul objectif, vous informer tout au long de l'année de l'actualité levalloisienne, et ce, dans tous les domaines.

Comments are closed.