Exposition Shéhérazade Bahri

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Les soies des mille et une vies de Shéhérazade Bahri

Soie, couleurs, photographie, peinture, écriture, rien ne lui résiste. L’artiste aux mille vies, Shéhérazade Bahri, fera découvrir toute l’étendue de son talent à la Médiathèque Gustave-Eiffel jusqu’au 8 janvier. Rencontre avec une artiste inclassable.

Par Ingrid Roulot-Gamboa

scan-019De la couleur, il y en a dans les cadres de toile sur soie et les peintures de Shéhérazade Bahri. Normal, cette artiste franco-tunisienne était considérée par le milieu du design comme l’une des meilleures coloristes au monde il y a encore quelques années.
Elle a d’ailleurs créé sa propre technique pour traiter la soie avec la délicatesse et la modernité que cette matière noble mérite. “Je n’ai pas cherché à inventer une technique, assure-t-elle. J’avais une revanche à prendre sur un travail que je n’ai jamais rendu lorsque j’étais à l’École Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d’Art de Paris où je me formais comme décoratrice designer. Ce travail sur soie me semblait trop compliqué. Je voyais mes camarades se torturer et je trouvais ringard le traitement avec le petit bouquet de fleurs au milieu… Plus tard, un jour de pluie aux Antilles, je suis rentrée dans un atelier par hasard et je me suis mise au travail sur la soie, à ma façon ! Entre couleurs et transparence, les visiteurs m’ont tout de suite complimentée. Je me suis dit : ‘Là, je tiens quelque chose’.”
En effet, avec sa technique sans colle, sans eau, la soie lyonnaise flotte sur les tréteaux. “Alors que les encres devraient se mélanger, finalement, avec ma technique, chaque couleur reste là où je l’ai décidé. C’est une technique inconsciente.” Elle vend ses premiers tableaux de toile de soie et vend même au mètre aux grands couturiers.
Aujourd’hui, on trouve plus de 150 oeuvres de soie signées Shéhérazade à travers le monde. “Il y en a même eu une à L’Élysée à une certaine époque !” Ses tableaux se nomment tous Voyage, et pour cause…

MILLE VIES
2Cette femme rieuse et sincère a eu mille vies ou presque. Née en Tunisie d’un père haut fonctionnaire et d’une mère qui rêvait de 7ème art, Shéhérazade se projette actrice.
Alors que son frère est en médecine et sa soeur en droit, elle décide de devenir mannequin à Londres. Son allure élégante lance aussitôt sa carrière. Elle défile aux quatre coins du Globe pour les plus grands et réside dans cinq pays différents.
À leur contact, elle apprend les étoffes, les couleurs, son goût s’affine.
Puis, elle se pose à Paris et postule à l’École Supérieure des Arts Appliqués de Paris. “Je n’y connaissais rien, mais j’étais motivée.” Après sa formation réussie, elle intègre un grand bureau de design à Paris qui travaille pour les chefs d’état de la planète. Shéhérazade prend la vie comme elle vient et surtout avec humour. “Je travaille à l’américaine, vous savez. Je saisis les occasions ! J’ai même été attachée de presse pour le film le Bal d’Ettore Scola et je me suis retrouvée au troisième rang de la cérémonie des Oscars à Los Angeles en 1984 ! J’ai aussi joué la femme de Michel Serrault dans Grabuge ! de Jean-Pierre Mocky en 2005… Enfin, je ne peux pas tout vous raconter (rires).” En effet, un Info Levallois n’y parviendrait pas !
Après la soie, elle se plonge dans la peinture et la photographie, mais aussi l’écriture de scenarii. Shéhérazade Bahri, l’artiste aux multiples talents, n’a pas fini de nous surprendre ! Une exposition à Levallois ne suffira peut-être pas…

Shéhérazade Bahri
Jusqu’au dimanche 8 janvier 2017
Médiathèque Gustave-Eiffel
111 rue Jean-Jaurès
Renseignements au 01 47 15 76 43
Entrée libre

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A propos de l'auteur

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