EXPO PHOTOS

0

La Russie selon Vincent Perez

D’Arkhangelsk au nord, à Astrakhan au sud, de Saint-Pétersbourg à l’ouest, à Oulan-Oude à l’est, Vincent Perez nous embarque dans sa Russie.
Du 15 au 30 septembre, l’acteur revient à ses premières amours, la photographie, et propose dans le Péristyle et les Salons d’Honneur de l’Hôtel de Ville une galerie de portraits et de paysages saisissants.
Propos recueillis par Ingrid Roulot-Gamboa

Menuisiers, paysans, pêcheurs, agriculteurs, mais aussi cosaques, circassiens, chômeurs ou chamans, le photographe-acteur a capturé les traits de personnalités, des instantanés de la vie et restitue ainsi sa Russie. Là où l’Europe rencontre l’Asie, le soleil, la neige, les chiens, les chats, le noir et blanc, la couleur… Là où les peuples se métissent, dansent parfois, travaillent souvent, sourient occasionnellement. Là où les peaux racontent des saisons rudes.
Une galerie émaillée de poésie photographique, signée Vincent Perez, s’invite à Levallois.

Qu’est-ce qui vous touche autant dans la question de l’identité culturelle ?
Cela fait partie d’un parcours personnel et intime. Je suis un mélange culturel, ma mère est allemande, mon père espagnol, j’ai grandi en Suisse, je vis en France depuis mes dix-huit ans et j’ai voyagé un peu partout dans le monde… Culturellement, je me pose des questions forcément. J’ai beaucoup tourné en Russie ces vingt-cinq dernières années. Et découvert un monde, un peuple dont finalement on ne parle pas beaucoup. Je suis très touché par ce pays. Et avec l’auteur, Olivier Rolin, nous avons choisi d’explorer une phrase de Dostoïevski “le coeur des russes est aussi vaste que leur pays”. C’est vrai que nous sommes en présence d’un sixième de la planète. Je trouve qu’il y a une âme, une sensibilité et une profondeur russes. Nous avons exploré les extrêmes de cette immensité.

Vous avez commencé par la photographie. Quel a été le lien entre les deux ?
J’ai commencé des études de photographie en Suisse à l’âge de quinze ans. Pendant ce temps, je travaillais aussi chez un portraitiste. Je retouchais au crayon les négatifs et les tirages à  l’encre de Chine. Tous les jours, je traitais plein de regards, des tas de visages, d’expressions dans le laboratoire. Je me dis que c’est resté en moi.
Un jour, j’ai annoncé en cours que j’arrêtais, pour faire de l’art dramatique. Ça a fait bien rire mes camarades ! À dix-huit ans, j’ai débarqué à Paris, j’ai étudié le théâtre au Conservatoire et mon rêve, c’était d’aller à l’école de Patrice Chéreau, au Théâtre des Amandiers… Et, puis les événements se sont enchaînés. J’ai repris la photo, il y a plus de dix ans maintenant. En quelque sorte, j’ai continué à restituer l’humanité des gens. Photographier, c’est construire une mémoire, être témoin de son temps. Le cinéma, c’est très lourd. En photo, on est seul. J’ai besoin de vivre des choses qui me nourrissent. Les images sont spontanées. Pour moi, dès que mon personnage se met à poser, c’est foutu.

Comment définiriez-vous ce que vous capturez dans l’objectif ?
Ma photographie est bienveillante. Elle vient à la rencontre des êtres pour témoigner entre le reportage et le portrait. Je dirais qu’elle est pittoresque et assez vraie. Je ne retouche pas beaucoup, je ne fais pas de mise en scène.

Qui sont ces mariés, sur l’un de vos clichés qui sera exposé à Levallois ?
C’est un couple que nous avons rencontré dans un foyer de personnes SDF, d’un quartier de Saint-Pétersbourg. Deux âmes fragiles qui se sont rencontrées là. Ils nous ont touchés et nous ont annoncé qu’ils se mariaient la semaine suivante. C’était une première au foyer. Nous sommes revenus pour la cérémonie, ils étaient heureux de nous voir là. Par amour ou par survie, ils étaient allés au bout. Il n’y avait pas beaucoup de monde, à part le personnel des associations. On leur avait prêté des vêtements de cérémonies. Je les ai serrés dans mes bras pour les féliciter. J’ai senti ces corps si frêles, si fragiles. Je les ai photographiés, ils semblaient comme effrayés, pris dans les phares d’une voiture, comme si l’instant était un accident… On peut lire sur leurs visages qu’ils ont vécu pas mal de situations difficiles. Nous avons rencontré ainsi les personnages que j’ai photographiés, par hasard ou bien grâce à notre contact sur place et nous avons passé du temps avec eux. Depuis, je leur ai envoyé les tirages et ils semblent heureux du résultat…

Expo Photos de Vincent Perez
Du 15 au 30 septembre
Péristyle et Salons d’Honneur de l’H.tel de Ville
1 place de la R.publique
01 47 15 75 15

Partager.

A propos de l'auteur

La Rédaction d'Info Levallois exerce au sein de la Direction de la Communication de la Ville de Levallois. Toute l'équipe a un seul objectif, vous informer tout au long de l'année de l'actualité levalloisienne, et ce, dans tous les domaines.

Comments are closed.

https://www.caviarbase.com http://www.simondeli.com http://www.weeklyleak.com replica handbags replica handbags hermes replica replica bags replica handbags replica hermes https://www.9replicabag.com replica bags replica handbags http://nwaedd.org replica hermes hermes replica