Eduardo Guerrero

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Le flamenco dans la peau !

Alliance de tradition et d’audaces, le brillant Eduardo Guerrero, dit “Edu”, enflammera la scène de la Salle Ravel de ses coups de talons endiablés et précis les 18 et 19 novembre prochains. Il présente pour la première fois en région parisienne son spectacle Las Minas. Interview. 

Propos recueillis par Ingrid Roulot-Gamboa

Info Levallois : Que va nous raconter le spectacle Las Minas ?
Eduardo Guerrero : Ce spectacle va vous prouver la richesse du flamenco, ses nombreux points de vue. À partir du moment où vous prendrez place sur votre fauteuil, vous appartiendrez au spectacle, vous le sentirez, le vivrez et vous finirez par tomber amoureux du flamenco. Je n’ai aucun doute là-dessus !
Ce modeste hommage à ces chants miniers de la région de la Sierra Cartagena-La Union [NDLR : région de Murcie, sud-est de l’Espagne] du XIXe siècle ne peut que vous toucher au coeur.
Les mineurs étaient en majeure partie andalous et chantaient la souffrance au quotidien dans la mine. Mon spectacle a été créé spécialement pour le Festival international de Las Minas 2013, un événement fondamental de la culture flamenca. Nous y avons reçu le premier prix de la Danse. Une fierté ! C’est un spectacle intime avec une grande force et une certaine dramaturgie.
Il est à la fois pur et actuel, sans artifices. Tout part de l’essence du flamenco pour dériver vers des formes plus contemporaines et personnelles. Le tout accompagné par la beauté de la guitare de Javier Ibañez et par la voix incroyable d’Emilio Florido.

Quand avez-vous compris que le flamenco était votre destin ?
Personne ne chantait ni ne jouait de la guitare, ni même ne dansait dans ma famille. Ça a été l’intuition d’un jour, en 1989, à Cádiz. J’avais 6 ans. Au bon endroit au bon moment, je passais par là, je me suis penché à une fenêtre et là des personnes s’entraînaient au flamenco. Ça m’a tellement interpelé que je suis entré et, depuis ce jour, je ne suis plus jamais ressorti (rires). J’ai su à ce moment précis que le flamenco allait être ma vie. C’est ce qui me remplit au jour le jour. Ce fut une découverte décisive qui m’a donné confiance en moi.

Élève doué, vous avez par la suite été formé par de grandes pointures et collaboré avec les plus grandes compagnies du genre comme avec Eva La Yerbabuena. Comment définiriez-vous votre style aujourd’hui ?
C’est compliqué de parler de soi… Je pense que je n’ai pas un flamenco contemporain, ni classique, c’est une fusion de toutes mes expériences et de mes apprentissages. Je sais apprécier mes maîtres, leur rendre hommage, et dans mon flamenco on voit que je sais d’où je viens. J’exprime tout ce que je sais. Je ne cache rien. Il faut être soi-même et croire en soi. Tout ce que j’ai appris auprès de mes professeurs, je l’ai mis dans un mixeur et j’ai lancé ma propre saveur. Le flamenco ne se regarde pas uniquement, parfois on sent plus de choses avec une caresse qu’avec un regard.

Vous avez déjà dansé en France, quel accueil vous a réservé ce public si exigeant ?
J’ai hâte d’y revenir danser. Le public français a toujours été très gratifiant avec moi. Il est chaleureux. Il sait remercier l’artiste sur scène, il sait apprécier les émotions, il reconnaît le talent, il sait qu’il faut faire attention à l’art. Être exigeant, c’est aussi le faire évoluer. C’est agréable de mettre le pied sur le sol français et de se rendre compte que le flamenco y a un réel sens.

Las Minas
Spectacle proposé par Flamenco en France
Vendredi 18 novembre et samedi 19 novembre à 20h30

Salle Ravel
33 rue Gabriel-Péri
01 47 15 76 76
Tarifs : 25 € et 20 € (TR)

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A propos de l'auteur

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