Concert

0

David Stern, le Chef qui voulait mettre le feu à l’opéra !

Deux fois à l’affiche de la Salle Ravel pour le reste de la saison, David Stern, le Chef d’ Opera Fuoco et son orchestre d’instruments d’époque, ont bien l’intention de mettre le feu aux représentations du 12 novembre et du 29 mars prochains avec des spectacles originaux à ne surtout pas manquer. Interview.
Propos recueillis par Ingrid Roulot-Gamboa

Info Levallois : Fuoco signifie feu en Italien. Que vouliez-vous dire en choisissant ce nom ?
David Stern : Ce qui m’a toujours intéressé à l’Opéra c’est la fougue, se donner à fond sur l’émotion ! L’Opéra c’est une histoire éclairée par le chant, un texte illuminé par la musique. C’est ça qui m’intéresse, mettre le feu à l’Opéra, le feu au public et faire briller la musique lyrique.

Pouvez-vous nous éclairer sur la différence entre
instruments d’époque et instrument modernes ?
Aujourd’hui, il y a très peu de violons Stradivarius, créés au début du XVIIIe siècle, qui n’ont pas été retouchés. Avec la modernisation, on a refait les violons pour qu’ils sonnent plus fort… À l’époque, on utilisait des cordes en boyaux d’agneau. On en trouve toujours. C’est ce que nous utilisons dans Opera Fuoco! Chez nous, la flûte est en bois, pas en métal. Les cors sont naturels, on ne peut changer de notes que par les lèvres et pas avec les doigts… Les timbales sont en peau d’animal, pas en plastique.
Les différences sont assez énormes ! Quand on entend un orchestre moderne symphonique, on entend un son parfait, voluptueux, très homogène. Avec des instruments d’époque, on les entend individuellement.
Les hautbois sonnent un peu pincés, les clarinettes sonnent vraiment veloutées… C’est comme une salade de fruits, même bonne, on n’en distingue pas pour autant les goûts de la fraise ou de la pêche. Mais si on veut les savourer vraiment individuellement alors on écoute l’orchestre d’instruments d’époque !


Opera Fuoco
soutient les jeunes chanteurs lyriques.

Quelle est votre démarche ?
Nous sommes d’abord un ensemble d’instruments, anciens, dédié à la musique lyrique, créé en 2003. Mais pas pour chercher à être authentiques, je n’aime pas ce mot… Simplement parce que les instruments d’époque parlent différemment. Il y a une réelle discussion entre les orchestres d’instruments anciens et les chanteurs, qu’il n’y a pas avec des ensembles modernes.
À partir de 2007, j’ai crée une troupe de jeunes chanteurs autour d’Opera Fuoco avec lesquels je pourrai travailler plusieurs répertoires sur un temps défini, sachant que l’on peut travailler aussi sur de la musique du XXe siècle, de la musique moderne, de la musique de Broadway ou même une opérette !

Il ne s’agit pourtant pas d’une formation ?

J’ai construit un vrai cursus en trois ans, mais je ne remplace pas une école ou une vraie académie. Ces chanteurs sont déjà formés. Je travaille avec de jeunes professionnels. Nous les aidons à se développer pour travailler et comprendre comment se produire sur scène, pas seulement comment bien chanter, mais transmettre une histoire.
Nous cherchons à donner des outils aux jeunes solistes pour qu’ils puissent poursuivre leur carrière solidement.
Je crois que c’est l’obligation de chaque musicien, qui a déjà une carrière, de transmettre aux jeunes. C’est de plus en plus compliqué pour les jeunes musiciens et les jeunes chanteurs de faire une carrière aujourd’hui. C’est encore plus important, pour les anciens, d’assurer l’avenir de cette génération ! Cette année, nous travaillons avec notre quatrième promotion. Sur 250 candidats, on a en choisi 11. C’est un très bon cru. J’en suis fier.

Pour votre concert du 12 novembre à Levallois, on
retrouvera ces talents…
Le concert Chez Marianne, s’appelle désormais Berenice, que ché fai ? Il y aura Chantal Santon de la première promotion, qui fait aujourd’hui une grande carrière internationale, quel plaisir de la retrouver ! Il y aura aussi Natalie Perez, de la seconde promotion, qui sera à l’affiche avec le chef Christie à la Philharmonie au même moment qu’à Levallois, c’est vous dire son évolution depuis Opera Fuoco ! Et Léa Dessandres, qui a été nommée espoir lyrique des Victoires de la Musique Classique 2017. Sa carrière fait un vrai bond ! Ces trois talents seront avec nous, on aurait pu en choisir une douzaine d’autres…
Je ne vais pas dire que j’ai produit ces voix, je les ai aidées ! Je ne leur ai pas tout donné, c’est impossible ! Un bon prof donne les outils pour se poser les bonnes questions.

En mars, on vous retrouve avec un concert tout à fait
étonnant ! Mozart versus Salieri…
Je voulais quelque chose de léger et d’inventif pour le printemps.
J’ai choisi le match Mozart contre Salieri. À l’époque, il y a eu un concours entre les deux. On leur a demandé de composer chacun un opéra d’une heure pour le jouer dans l’Orangerie du Palais de Vienne, le même jour. Le public a été appelé à voter pour le plus drôle ! Mozart a perdu ! Alors que Salieri n’a pas le génie de Mozart, mais il aime faire des blagues.
Que vaut-il mieux ? Une très belle musique avec des blagues moyennes ou une musique moyenne avec de bonnes blagues ?
Depuis, les goûts et l’humour ont changé, donc je vais appeler le public de Levallois à voter pour l’une des deux œuvres que nous allons présenter avec mise en scène, comme à l’Orangerie de Vienne à l’époque !

Le mot de la fin…

Nous allons fêter nos 15 ans et j’espère qu’avec ce passé, on va pouvoir continuer à mettre le feu à l’avenir !

Berenice, que fai ?
Dimanche 12 novembre à 20h30
Mozart versus Salieri
Jeudi 29 mars à 20h30
Salle Ravel
33 rue Gabriel-Péri
01 47 15 76 76
Tarifs : 25 € et 20 €

Partager.

A propos de l'auteur

La Rédaction d'Info Levallois exerce au sein de la Direction de la Communication de la Ville de Levallois. Toute l'équipe a un seul objectif, vous informer tout au long de l'année de l'actualité levalloisienne, et ce, dans tous les domaines.

Comments are closed.