AUSCHWITZ

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La transmission de l’Histoire par nos jeunes

À chaque renouvellement du Conseil Communal des Jeunes (CCJ), la Municipalité donne aux jeunes conseillers levalloisiens la possibilité, s’ils le souhaitent, de visiter les camps de déportation d’Auschwitz et Birkenau. Cette année, cette proposition était également ouverte par l’Espace Jeunesse aux jeunes majeurs de 18-25 ans. 46 jeunes de notre ville sont donc partis, encadrés par Hamid, l’animateur référent du CCJ et des élus, Klaudia Lafont, Adjoint au Maire, Sophie Elisian, Ghislaine Kouamé, Conseillers municipaux et, pour la première fois, Isabelle Balkany, premier Adjoint au Maire qui a effectué la visite avec les plus jeunes. Récit.

LA RÉALITÉ CONCRÈTE DE L’INDICIBLE
“Départ pour Cracovie afin d’accueillir nos jeunes élus du Conseil Communal des Jeunes (CCJ) pour une visite d’Auschwitz à laquelle ils se sont, évidemment, inscrits volontairement. Élus par leurs pairs, collégiens et lycéens, ils ont, pour ce groupe, si divers, de 13 à 17 ans, cet âge de la préadolescence, empli de questionnements.
J’étais inquiète de leurs réactions devant la réalité concrète de l’indicible, inquiète de savoir qu’ils rentreraient avec des images indescriptibles qui jamais ne s’effaceront… 
J’ai été profondément bouleversée et tellement fière devant leur intense émotion, leur gravité et l’attention qu’ils ont sans cesse manifestée en posant d’innombrables questions à notre guide, Pawel, homme d’érudition. 
J’ai la conviction et la certitude que nos jeunes sauront, à leur tour, “transmettre”, avec leurs mots et, sans doute, les technologies qui sont aujourd’hui les leurs ! Je sais qu’ils seront porteurs de ce devoir, de cette obligation de mémoire que nous devons à tous ceux qui ne sont jamais revenus.

COMMENT RACONTER L’ENFER ?
Pour ma part, j’aurais aimé effectuer cette visite avec Patrick, mon mari et notre Maire. Mais, pour lui, elle est insurmontable, car son père, Gyula Balkany, a survécu à près de trois ans de ce qui fut l’enfer. Comme de très nombreux déportés, Gyula, n’a pas voulu, n’a pas pu nous raconter…Face à l’indescriptible, comment trouver des mots ? Juste ses cauchemars quotidiens, ses blessures physiques irréversibles et, malgré la réussite de sa vie “d’après”, si souvent, ce regard, “ailleurs”…


LA DIGNIT
É, POUR LA SURVIE
J’ai raconté cette anecdote à mes jeunes de Levallois lorsque nous avons visité les blocks de Birkenau et leurs immondes galetas où s’entassaient 400 à 600 déportés…
Gyula, le père de Patrick, chaque soir, en rentrant des travaux forcés dans les mines de sel (qui lui laisseront des ulcérations inguérissables aux jambes), avant de se coucher, pliait soigneusement son méchant pantalon rayé de déporté et le mettait sous sa paillasse pour le repasser…
Et de nous expliquer : “Ces barbares voulaient nous dépouiller de notre dignité d’homme. Me laver, même dans une flaque d’eau, être toujours impeccable, c’était leur résister, c’était la condition de la survie… J’ai été, ainsi, plus fort qu’eux !”
Et, dans la vie “d’après”, Gyula fut toujours impeccable !
Le plus impressionnant est que l’un de nos petits-fils porte le prénom de Gyula et que, sans connaître ce récit et contrairement à son frère et ses cousins, en joggings et sweat-shirts cool, il aime par-dessus tout être habillé en costume-cravate, à 11 ans . Au-delà d’un prénom, la transmission invisible de l’Histoire !”

Isabelle Balkany.

MENDEL, 13 ANS

Je n’oublierai jamais…

“Je m’appelle Mendel Saada, j’ai 13 ans et je rentre d’un voyage avec le CCJ où j’ai visité le plus grand camp d’extermination du monde, Auschwitz. J’ai trouvé cette visite émouvante. J’avais vu des films traitant ce sujet mais je ne pensais pas avoir le coeur aussi rempli de douleur en étant sur place.

Lors de la journée, nous avons pu croiser des visiteurs de multiples nationalités. Des gens du monde entier étaient présents. L’hymne hébraïque était chanté et les gens portaient les drapeaux en hommage à tous ces humains qui ont été exterminés, parce que nés juifs.

Je n’oublierai pas de sitôt les images de cette journée qui me marqueront à vie : les photos des détenus sur les murs du musée, leurs uniformes rayés, le nombre de morts, les écuries transformées en baraquement où dormaient 600 déportés, les toilettes communs, en béton, les trains transportant les déportés comme du bétail, debout pendant des heures, les effrayantes chambres à gaz et les 3 tonnes de cheveux à vendre, ceux d’hommes, de femmes ou d’enfants comme moi.
Cette expérience m’a rendu plus humain et je ne comprends pas comment de telles horreurs ont pu exister…

Un grand, grand merci aux responsables du CCJ, à Mr et Mme Balkany et à Pawel le guide de cette visite, que je n’oublierai jamais.”

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A propos de l'auteur

La Rédaction d'Info Levallois exerce au sein de la Direction de la Communication de la Ville de Levallois. Toute l'équipe a un seul objectif, vous informer tout au long de l'année de l'actualité levalloisienne, et ce, dans tous les domaines.

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