Attentat de Levallois

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La vidéoprotection décisive

Le mercredi 9 août dernier, peu avant 8 heures du matin à Levallois, un véhicule fonce délibérément sur des militaires de l’opération Sentinelle, aux abords de la place de Verdun.
Bilan, six soldats sévèrement blessés, heureusement rétablis aujourd’hui. Le suspect, Hamou Benlatrèche, un Algérien de 36 ans, sera interpellé peu après 13h grâce aux informations délivrées par la vidéoprotection mise en place dans la ville par la Municipalité. Blessé par balle lors de son arrestation, à l’heure où nous écrivons ces lignes, son état de santé n’a pas permis aux enquêteurs de l’interroger. Le rappel des faits.
Par Romuald Hambert

 

MERCREDI 9 AOÛT, PEU AVANT 8H, PLACE DE VERDUN
Les soldats de l’opération Sentinelle, cantonnés à proximité, sont en cours de relève dans le calme de cette matinée d’été. Au moment où ils sortent dans la petite voie privée, une BMW noire fonce sur eux alors qu’ils allaient rejoindre leur véhicule de service.
Au total, six soldats sont touchés, dont trois gravement, sans que leur pronostic vital ne soit cependant engagé. Ils sont rapidement évacués par les secours vers les hôpitaux militaires Percy et Bégin.
Ces hommes appartiennent au 35ème Régiment d’Infanterie de Belfort et, avec les Polices Municipale et Nationale, veillent au quotidien sur la sécurité des Levalloisiens en assurant des patrouilles mobiles sur l’ensemble de la ville.
Le terroriste a utilisé un modus operandi hélas désormais fréquent, consistant à viser directement des forces de sécurité (6 attaques en France de ce type depuis 2015). La section antiterroriste du Parquet de Paris est aussitôt saisie de l’enquête.
Le Maire, Patrick Balkany, se rend immédiatement sur place et exprime son soutien et sa solidarité aux militaires blessés. Interrogé un peu plus tard par les médias nationaux et internationaux, il dénonce “Un acte délibéré, parce qu’il s’est déroulé dans une voie en cul-de-sac, devant le cantonnement de ces militaires et ce véhicule attendait visiblement qu’ils sortent pour rejoindre leur véhicule et leur foncer dessus.”

MERCREDI 9 AOÛT, 13H10, LEULINGHEN-BERNES (PAS-DE-CALAIS) SUR L’AUTOROUTE A16.
L’individu est interpellé sur l’autoroute A16 par les forces de l’ordre qui ont provoqué sciemment un ralentissement devant son véhicule afin de l’intercepter.
Le terroriste percute alors un véhicule de police et semble avoir un geste qui peut laisser craindre l’utilisation d’une arme. Les policiers ouvrent alors le feu. Il est touché à cinq reprises et neutralisé.

L’IMPORTANCE DE LA VIDÉOPROTECTION
Mais, comment les enquêteurs sont-ils parvenus à retrouver aussi rapidement la trace de ce terroriste ?
Très clairement, grâce au maillage de caméras de vidéoprotection installé sur la ville. Les caméras sur place ont permis l’identification de la plaque d’immatriculation du véhicule, puis celles positionnées plus loin ont permis de voir le trajet de la fuite du suspect.
Un peu plus tard dans la matinée, un jeune gardien de la paix stagiaire, particulièrement réactif, a pu signaler à ses supérieurs, dans le secteur d’Argenteuil, le véhicule suspect. Le recoupement des informations recueillies ne fait alors aucun doute, la BMW noire de l’attaque de Levallois est localisée.
Le conducteur est alors suivi par les forces de l’ordre qui attendent le moment le plus opportun pour l’interpeller.

ATTAQUE PRÉMÉDITÉE
Le Parquet de Paris ouvre alors une enquête pour “tentative d’assassinats sur personnes dépositaires de l’autorité publique en lien avec une entreprise terroriste” et “d’association de malfaiteurs terroriste criminelle”.
Le Procureur de la République, François Molins, confirme qu’il s’agit d’une attaque préméditée : “Grâce au système de vidéosurveillance de Levallois, les enquêteurs ont constaté que la voiture se trouvait déjà place de Verdun, à 9h puis à 15h le dimanche 6 août, soit trois jours avant l’attaque. Tout indique qu’Hamou B. avait effectué des repérages préalables”.
La Direction Régionale de la Police Judiciaire et la Direction de la Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI), basée à Levallois, sont saisies de l’enquête. Hamou Benlatrèche vit à Bezons (Val d’Oise). Non fiché S, il est connu des services de police pour des petits délits de droit commun.
Les enquêteurs découvrent qu’il était proche de la mouvance tabligh, un courant particulièrement rigoriste et littéral de l’Islam, et qu’il aurait participé a une campagne de propagande pour ce mouvement en 2013 et 2014.
Son téléphone portable témoigne de recherches sur “la légitimité de tuer des musulmans ou des mécréants”.

 

BERTRAND PERCIE DU SERT, ADJOINT AU MAIRE DÉLÉGUÉ À LA SÉCURITÉ PUBLIQUE ET À LA POLICE MUNICIPALE
“LA VIDÉOPROTECTION EST EFFICACE”

Info Levallois : Malgré l’attentat de cet été, Levallois reste une ville sûre. Pouvez-vous nous rappeler les moyens humains et matériels mis en place par la Municipalité pour assurer la sécurité des Levalloisiens ?
Bertrand Percie du Sert : Tout d’abord nous avons une Police municipale efficace avec un nombre d’agents très important par rapport aux autres villes de même importance, soit 80 policiers municipaux et 50 ASVP, présents sur le terrain 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Ils travaillent bien évidemment en collaboration avec les effectifs de Police nationale présents sur la ville et les militaires de l’opération Sentinelle, qui effectuent des rondes mobiles sur l’ensemble du périmètre levalloisien.

Les policiers municipaux peuvent également s’appuyer sur une
vidéoprotection ultra moderne. Quels sont les avantages d’un tel dispositif ?
“Deux avantages principaux. D’abord la prévention, ensuite, et on vient de voir son efficacité avec l’attentat contre les militaires cet été, son utilisation pour faciliter l’élucidation des faits délictueux. Ces caméras sont numériques, ultra perfectionnées et permettent de voir l’espace public dans les meilleures conditions, de jour comme de nuit. Mais, j’attire l’attention sur la formation du personnel qui intervient au sein du CSU (NDLR : Centre de Surveillance Urbaine qui abrite les écrans de contrôle des caméras de vidéoprotection). Nous disposons d’un personnel réactif et attentif, qui connaît parfaitement les moindres recoins de Levallois, ce qui facilite l’intervention des équipes. Nous continuons d’ailleurs, chaque année, d’installer de nouvelles caméras pour limiter les angles morts et permettre de bénéficier d’un maillage particulièrement performant et efficace.

Aujourd’hui, nous sommes toujours sous Plan Vigipirate, à Levallois
comme partout en France. Quelles sont les conséquences directes au quotidien pour les Levalloisiens ?
Principalement l’interdiction formelle et de stationner et aussi de S’ARRÊTER devant les établissements scolaires, les crèches, les Centres de loisirs, même pour une minute. La Police municipale a reçu des consignes claires de verbalisation. D’une manière générale, je demande aux Levalloisiens la plus grande vigilance et de ne pas hésiter à avertir la Police municipale en cas d’évènement anormal ou suspect sur la voie publique. La sécurité, au delà des dispositifs importants mis en place, est aussi l’affaire de tous.

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A propos de l'auteur

La Rédaction d'Info Levallois exerce au sein de la Direction de la Communication de la Ville de Levallois. Toute l'équipe a un seul objectif, vous informer tout au long de l'année de l'actualité levalloisienne, et ce, dans tous les domaines.

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